Le BarCamp Madagascar a fait son retour, et cette fois je l’ai vécu. C’était hier 13 octobre (un samedi, pas un vendredi, le 13). Enfin, mes yeux ont vu, mais oreilles ont entendu, pour ce qui est de parler, c’est encore une autre histoire (je vous l’ai dit, je suis timide, vous ne me croyez pas ?).

Après, je peux toujours me consoler en me disant qu’au fond, je n’ai raté que la moitié des séries de BarCamp made in BarCamp MDG, puisque le premier datait d’octobre 2008, et le second, ben, c’était celui d’hier.

Alors, pour le lieu des hostilités, Café du Musée (juste à côté du Musée de la Photographie) offrait un cadre idyllique. Une architecture mêlant le traditionnel au design, et un lieu qui dégage quelque chose d’apaisant. Vous n’y êtes pas encore allé ? Il le faut. Le samedi c’est bien, c’est calme, très agréable.

Un saut dans l’inconnu

Revenons au BarCamp 2018, où je me lançait un peu dans l’inconnu. La première personne que je rencontre, en train de s’afférer à mettre au point les derniers dispositifs pour les différentes prises de parole, c’est Jogany (oui, comme une grande partie de notre communauté @Twanapero, les gens du BarCamp tiennent aussi à leur pseudo pour la plupart).

Jogany, c’est un peu la superwoman qui, déjà en 2008, faisait partie de l’aventure, et qui aujourd’hui est à l’origine du réveil de BarCamp MDG (c’est bon, c’est mon point de vue, voilà).

Bon, le BarCamp, c’est d’abord un joli bordel où tout le monde participe, de l’aménagement de la salle à la mise en place de la sono, en passant par la gestion du rétro projecteur. Et puis, dans la forme, il n’y a pas de spectateurs, tout le monde est participant. L’idée étant de partager un sujet, qui animera par la suite les discussions.

Des sujets qui interpellent

Au BarCamp, la star n’est pas celui qui parle, ce sont les idées, les sujets abordés. Des idées et des sujets qui nous parlent, qui interpellent.

Parmi les intervenants qui ont bien voulu partager leur univers, leur point de vue, on notera par exemple Môssieur Njo, écrivain et blogueur qui s’est exprimé sur le livre à l’ère du 2.0. « Le livre électronique est en train de tuer le livre papier. Pas forcément. » Lâchait-il. Oh que je partage ce point de vue.

D’autres sujets aussi intéressants les uns que les autres étaient exposés, comme l’univers des startups par SaveOurSmile, le plaidoyer de la société civile pour une utilisation efficace de l’argent public par Hony, L’informatique et l’éducation rurale par Tosoa Bacca, quitter la zone urbaine pour vivre en milieu rural par l’éternel Jentilisa, ou encore la planète et les pépettes par Barijaona.

Coup de coeur

Et puis, au milieu des interventions, j’entends cette phrase « 575 femmes par an meurent à Madagascar pour avoir avorté hors des structures de santé ». La phrase choc est du docteur Lovatiana qui connaît bien le milieu hospitalier. Comment est-ce possible encore en 2018 … Le sujet du droit à l’avortement, interdit par la loi malgache, elle le vit et l’aborde au quotidien, notamment au travers du mouvement Nifin’Akanga, un mouvement qui lutte pour la dépénalisation de l’avortement.

Au rayon du coup de cœur, je le dédie sans hésiter à ce petit bout de femme bouillonnante d’énergie et débordante d’idée, Ony Fy, à la tête de Ikala STEM, l’association au féminin des fans de science, technologie, ingénierie et mathématiques.

Au fond, je ne me lançait pas tant dans l’inconnu. Non pas que j’ai maitrisé tous les sujets (bien loin de là), mais je me suis aperçu que la plupart des personnes présentes au BarCamp, je les ai à moment croisé ou côtoyer dans un tout autre univers, un autre contexte. Des ami(e)s que je découvre sous un autre jour. Sans parler des personnes que j’ai croisé pour la première fois ce 13 octobre et qui, d’une façon ou d’une autre, je recroiserai plus tard. Qui sait, peut-être à dans 10 ans ?

Ce BarCamp aura été une belle expérience. On se rend compte de la richesse des sujets qui peuvent contribuer à faire un monde meilleur. On touche du doigt la force positive des idées. Un noyau d’ami(e)s slacktivistes est peut-être né …

Et puis, le petit concert privé de Bekoto en mode improvisation, top! Merci également à la technologie qui a permis à Gaetan d’intervenir depuis Toliara pour présenter le projet Greentsika. Génial.

PS : Pour l’occasion, un petit reportage vidéo fait pour ma rédaction Orange actu Madagascar