Je l’avoue, parler de ses proches n’est pas toujours chose aisée bien que la pensée collective indique le contraire. Alors quand un ami m’annonce une nouvelle passionnante, une de ces nouvelles qui ne méritent pas l’anonymat, je me dis qu’il est important que je couche quelques mots pour lui. Le tout est de savoir comment écrire. Oui, Diantre, comment écrire sur lui sans pour autant être dithyrambique et tomber dans la facilité de la tournure admirative propre à celui qui est heureux pour l’autre. Non pas que ce qu’il fait me déplaise, mais loin de moi l’idée de me faire passer pour un lion qui se lèche les couilles (vous savez ces gens qui font un like sur leur propre publication sur Facebook ?). Ou un Panda si vous voulez. Encore heureux que le journaliste que je suis, sur mon blog perso (oui c’est un blog perso, je ne vous l’ai pas encore dis ?), est libéré des règles méthodiques journalistiques liées à une rédaction.

Aller, au diable les états d’âme qui servent d’os à ronger aux bien-pensants, parlons de lui, d’un ami, d’un membre de la Team Rianasoa. Lui, c’est Mamy Nirina Razafindrakoto, un gentil gaillard qui a le chic de toujours positiver les choses, qui a un sens inné et poussé pour l’entraide, mais qui n’a pas aussi sa langue dans sa poche. Amis dénués de sens de l’humour (noir) et de second degrés, le fréquenter peut être dangereux. A vos risques et périls, vous pourrez découvrir ce que c’est de sourire, ou de rire.

J’oubliai, c’est aussi un forestier de métier, impliqué de tout son être dans la cause environnementale, et notamment celui de la communauté Zafimaniry. Il y réalise une centaine d’hectares de reboisement par an et rêve de pouvoir un jour faire une exposition photo sur ce peuple dont la vie et le mode de vie dépendent en grande partie de la forêt.

Mais pourquoi une exposition photo ? Ah mais oui, c’est parce qu’il est photographe. Oui, un photographe qui a naturellement un œil amoureux sur les paysages et le peuple Zafimaniry (le pourquoi est expliqué dans le paragraphe juste au-dessus, merci). Mamy Nirina signe ses travaux photographiques par TangalaMamy, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il fait partie de ces photographes dont les clichés vous saisissent le regard, comme une bouteille de Coca Cola bien transpirante (ceci n’est pas un placement produit) vous saisit après avoir fait une marche de 6 heures sous 30 degrés au milieu de nulle part, avec une bouteille d’eau de 50 cl chauffée par le soleil comme seul compagnon.

C’est en 2014 que j’ai découvert ses photos, avant de connaitre le bonhomme en 2015 par le biais d’un ami en commun. Ses travaux m’ont frappé par l’intensité et la force des portraits qu’il dépeint naturellement, amplifiés par un noir et blanc saisissant. Chacune de ses photos raconte une histoire, l’histoire qu’il a choisi d’immortaliser pour nous. Si je vous dis qu’à partir d’une seule de ses photos on peut écrire un roman, je n’en rajoute pas. Enfin, je n’en rajoute pas beaucoup. Ok, j’en rajoute un peu, juste un tout petit peu.

Pour vous faire une meilleure idée et vous affranchir de ce que j’en pense, allez plutôt faire un saut sur sa page officielle, où vous trouverez ses travaux photographiques, c’est par ici. Attention, la beauté de ses œuvres peut vous éblouir les yeux (lol).

Soit dit en passant, bien qu’il soit dans le milieu de la photographie depuis plusieurs années, il n’a entrepris de publier sa page que cette année 2018. Une année qui, je le pense, il a choisi comme étant une année charnière dans son aventure photographique. Oui, charnière, impulsée sans doute par la confiance qu’il a engrangé en participant à la deuxième édition du Prix Paritana 2017 au mois de février dernier à l’Institut Français de Madagascar (IFM). A défaut d’avoir gagné un prix lors de l’expo, il aura gagné le respect, et accumulé de l’expérience, si bien qu’il va s’envoler dans les prochaines semaines pour Paris pour exposer ses œuvres.

Du 11 au 24 juin 2018, il exposera au fameux 59 Rue Rivoli à Paris, à l’occasion de la 7ème édition de MadaGasyArt, qui regroupe des artistes exposants pluridisciplinaires allant de la photographie à l’art plastique en passant par la peinture. Depuis 2012, le collectif d’artistes pour la promotion de la culture malgache organise des expositions annuelles MadaGasyArt à l’after-squat 59 Rivoli. Le collectif a été fondé par les artistes Suisse Marocain, Vincent Bardi, Bruno Dumont et Nirina M.R. et est parrainé par le roi du salegy Jaojaoby.

Amis Parisiens, ou amis de passage sur Paris entre le 11 et le 24 juin, n’hésitez pas à aller au 59 Rivoli, et à aller à la rencontre de Mamy Nirina et de son univers photographique (faites lui un bisou gentillet de ma part à l’occasion).

MadaGasyArt étant une exposition collective, d’autres artistes bien de chez nous et pétris de talent auront également certains de leurs œuvres exposés au 59 Rivoli. Les voici les voilà :

– Dany Be
– Nonoh Ramaro
– Naty Kaly
– Maherisoa Rakotomalala
– Griotte Majunga
– BM (street art)
– Irina Randrianaly
– Philippe Manet (photos école)
– Dadee Andrianaivoson
– Doda
– Dieudonné
– Salvatore Avallone
– Fitiavana Ratovo
– Finoana Ratovo Gégé Betsileo
– Tony
– Nady
– Nata Kely
– Rina Art
– TangalaMamy

Ceci étant, ce que j’en pense : Mamy Nirina est un excellent photographe à découvrir ou à redécouvrir, et l’expo MadaGasyArt est à visiter pour celles et ceux qui peuvent y aller.

Voili voilou !